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Septembre 2026 – Le déni face à la maladie

La peur d’affronter une réalité trop difficile. Refuser qu’elle existe permet de classer le problème dans la catégorie « ça n’arrive pas ».

Peu de gens savent réellement que je suis malade ; certes le nombre augmente avec le temps, mais très souvent je tais mon état. Pour preuve, l’anonymat de ce blog. Je pense que cela s’explique en partie par la peur de voir la pitié dans les yeux des autres (voir l’article «troisième  solution : ma tête »).

Lorsque j’en parle, j’essaye généralement de minimiser ma maladie, pour ne pas affoler mes proches, ou peut-être pour me convaincre moi-même. Ou simplement pour ne pas éterniser la conversation sur mon cas.

Mais est-ce que cela cache mon déni face à la maladie ?

Je ne crois pas. Je pense avoir toujours compris ce qu’il m’arrivait. Peut-être parce que l’annonce de mon cancer s’est faite comme une valse, en trois temps :

– j’ai eu une embolie pulmonaire donc j’ai un cancer mais lequel ?

– six semaines plus tard j’apprends que mon cancer est un adénocarcinome bronchique.

– enfin deux semaines plus tard, la biologie moléculaire met en évidence une mutation rare.

Deux mois d’attente difficiles oui, mais en pleine conscience que ma vie entière bascule dans un inconnu que je n’ai pas d’autre choix que d’accepter. Alors non, je ne pense pas avoir été dans le refus ou la révolte.

Par contre je suis parfois confrontée dans mon entourage à ce déni face à ma maladie.

Devant cette réaction, je ressens une profonde tristesse mêlée de colère. C’est un peu comme si on me refusait une partie de moi. Comme si ma maladie devenait un petit adjectif entre parenthèses alors qu’elle fait partie de ma vie. Comme si la transformation qu’elle engendre dans mon comportement était reniée.

Les gens qui vivent uniquement au travers de leur maladie et qui en font leur seul sujet de conversation m’insupportent. A l’opposé, le refus d’accepter ma maladie me blesse. Il faut donc trouver le juste milieu.

Pour passer au-delà de cette tristesse, je dois comprendre ce que ressentent les personnes dans le déni, et verbaliser ce que moi-même je ressens.

J’ai du boulot !

2 réponses à “Septembre 2026 – Le déni face à la maladie”

  1. Chère Mary,

    Merci de soulever ce sujet, qui m’a beaucoup fait réfléchir…

    Difficile de trouver, pour soi ou pour les autres, l’équilibre entre l’apitoiement et le déni.

    J’ai depuis quelques mois été diagnostiquée bipolaire et je partage tout à fait ton constat. C’est parfois difficile pour moi d’y croire, de l’accepter, et pour mes proches encore plus.

    Ma parade : ne pas mentionner directement la maladie mais présenter le sujet comme un « trait de caractère actuel » (car, quand on y pense, la maladie ce n’est pas nous, c’est une partie de nous !) => « je sais qu’en ce moment je suis xxx, du coup j’ai besoin de yyy »

    Ex : Je sais qu’en ce moment j’ai du mal à gérer mon temps, alors j’ai besoin que tu me préviennes bien en avance.

    Je trouve qu’adopter cet angle de vue a plusieurs avantages :

    • Rendre l’information plus « acceptable », au point que l’interlocuteur peut même potentiellement s’y identifier (ex : « c’est vrai que moi aussi j’ai parfois du mal à gérer mon temps »)
    • La faute n’est pas rejetée sur quelque chose qui peut être mal compris voire peut faire peur
    • L’interlocuteur ne peut pas te reprocher de te « cacher » derrière ta maladie
    • Quand elle concerne un besoin de compréhension de la part de la personne qui parle de sa maladie, cela donne des pistes concrètes pour permettre à l’interlocuteur de réagir de manière adéquate
    • Le partage n’est pas « fataliste » et est plutôt orienté « solutions »
    • C’est une belle preuve de connaissance et d’écoute de soi

    Cette technique n’est pas parfaite et fait un peu passer la maladie au second plan (une forme de déni finalement ?) mais je trouve que c’est un bonne manière d’aborder ses fragilités (notamment dans un cadre professionnel) avant de mettre des mots avec l’interlocuteur sur la cause de ces fragilités quand la situation y est plus propice (et que le terrain a ainsi été « préparé »)

    Je parle évidemment de ma propre expérience. Ce qui m’a le plus blessée quand j’ai commencé à en parler à ma famille, ce sont les proches qui ont refusé d’y croire sous prétexte que je « n’étais pas ci » ou que je « ne faisais pas ça ». Suite à ces réactions, j’ai d’autant plus de mal à parler avec eux des impacts de la maladie (et pourtant, j’ai tant besoin d’en parler !) car j’ai peur qu’ils pensent que j’essaie de « justifier » quoi que ce soit…

    Alors je continue à cacher, je continue à nier, à dénier, à me renier.

    C’est un sacré combat, qui ne se gagne pas en une seule bataille… alors courage à toi et merci pour tout ce que tu partages !

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  2. Merci beaucoup pour ce témoignage très fort. La parade que tu proposes me plait beaucoup pour toutes les raisons que tu mentionnes, mais aussi car c’est une manière très constructive de gérer ta/ma maladie. Merci!

    J’essaye de comprendre ce que mes proches qui refusent de me voir malade ressentent, et il me semble que ce déni ils ne l’ont pas choisi, c’est leur manière de s’en sortir. Et donc je ne peux pas leur en vouloir, même si ca me fait très mal et même si j’ai tellement besoin de leur en parler. Je ne sais pas si cela résonne pour toi?

    Tu as raison, c’est un sacré combat, et nous y arriverons!

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