La patience n’est pas une vertu, c’est une obligation.
La patience n’est pas une vertu, c’est une obligation. Une obligation qui pèse lourd et rythme mes semaines, mes journées parfois.
La patience, je l’ai rencontrée à l’été 2025, à l’hôpital d’abord, pendant ces longues semaines d’attente entre l’annonce d’un cancer et le diagnostic qui précise lequel. Je tournais dans ma chambre comme un animal sauvage dans sa cage. J’avais l’impression de retenir ma respiration.
Avec le traitement, sont arrivés les examens de contrôle, tous les 2-3 mois. Il se passe généralement plusieurs jours entre l’examen proprement dit (scanners) et le compte rendu donné par la pneumologue lors d’une consultation. Cette attente est éprouvante, l’angoisse s’invite, crescendo, et je rumine beaucoup, surtout la nuit. Alors je remplis mon agenda de tâches plus ou moins utiles et je fais pas mal de sport pour me vider la tête et m’assurer quelques heures de sommeil.
Patience également la veille et le jour des cures avec l’attente des infirmier(e)s qui passent pour un bilan, pour un traitement. Leur planning est très chargé, difficile de donner une heure de passage. J’ai découvert qu’une matinée ou une journée à attendre c’est très long. Quand le créneau donné de 3-4 h est dépassé, ces moments deviennent alors insupportables. Il m’arrive de hurler pour sortir cette violence qui s’accumule.
Et à l’attente s’ajoute la cyclicité du traitement lui-même. Trois semaines entre deux cures. Trois semaines auxquelles il faut soustraire les jours de fatigue, de nausées, d’œdèmes, et de douleurs. Bref, il reste généralement deux semaines pour vivre normalement, bouger, voyager.
Il y a un an, si j’ai très vite compris que j’étais malade, je n’avais pas intégré le fait que je partais sur une maladie incurable, avec un traitement à long terme. Cette évidence me frappe aujourd’hui ; je ne suis qu’au début d’une histoire. Une aventure qui va me suivre tout le reste de ma vie, rythmée par toutes ces attentes. Mais pas que.
Depuis toujours, quand il m’arrive un truc pas sympa, je retiens ma respiration, et j’attends, car forcément ça passe. Aujourd’hui ça ne va pas passer, alors j’apprends à respirer différemment.
Toute ma philosophie de vie est bouleversée, je ne sens ni peur ni angoisse, de la colère oui, une grande impatience de vivre, et les moments intenses et magnifiques me font pleurer.
Alors je dis à voix haute ce que le monde doit entendre, et je tais mes mots violents, agressifs et donc stériles qui n’ont pour objectifs tus que celui de (me) faire mal.
Aujourd’hui les résultats des examens sont très bons ; le scanner retrouve toujours une réponse complète. Fin de mon angoisse, on en reparle après Noël.

Une réponse à “Octobre 2026 – (Im)patience”
Qu’est ce que je te comprends sur ces moments d’attente où tu peux rien faire d’autre que maronner, refaire l’histoire 10 fois dans sa tête. Attendre un verdict qui peut te mettre plus bas que terre, et être impuissant, c’est la pire chose !
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