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Septembre 2025 – Le choc du diagnostic

Eté 2025, je frôle la mort et je réalise que ma vie ne sera plus jamais la même.

Summer 2025, I have a brush with death and realize that my life will never be the same again.

L’histoire commence il y a un an. L’été 2025 s’annonce chaud, et s’étire lentement entre le Sud et le Sud-Ouest. Théâtre, concerts, copains, belles rencontres, famille. Fin juillet toute la famille se retrouve au pied du Ventoux, pour quelques jours magiques dans un décor épuré. Au programme des balades en montagne, la piscine municipale avec mon petit-fils, les bons repas et les jeux. Nos différences sont posées devant la porte et nous profitons simplement les uns des autres. Les enfants ont planifié les tours de courses, table, cuisine, vaisselle, je me laisse porter.

Dernier jour, dernière balade, 600 m de dénivelé, tranquille, et pourtant le chemin semble si long, les pas sont difficiles, malgré une volonté farouche. Un pas, une pause, un pas, une pause, un pas, après ce virage, une pause, cette dernière montée, infernale. J’arrive au sommet, après les autres. Inquiétude visible, alors je souris tout va bien.

Je prends un rendez-vous chez un généraliste du village d’à côté, qui me parle de laryngite. Mauvais diagnostic.

La nuit est terrible, ma gorge me brûle, remontées acides, mal dans la poitrine. Je passe la nuit assise, en colère contre tout. Le lendemain je donne le change mais je n’en peux plus. Je pleure d’essoufflement en montant les escaliers jusqu’à ma chambre.

Je suis inquiète et prend un nouveau rendez-vous, cette fois avec le premier spécialiste libre ; le lendemain.

Je fais bien, la cardiologue m’ausculte et très vite le diagnostic est posé : embolie pulmonaire massive bilatérale. Urgence. Transfert vers le CHU, unité de soins intensifs. Je m’en sors, je vis.

Je ne sais pas encore ce qui m’attend, alors que les médecins, eux, le savent déjà. J’ai un cancer, le couperet tombe. Lequel ? Six longues semaines vont se passer avant la réponse.

Je passe trois semaines au CHU, moral dans les chaussettes. En fait je m’oblige à ne pas penser, mon mari passe tous les jours. Une routine s’installe, je passe de nombreux examens : sang, selles, urines, scanner et angioscanner, mammographie. Le TEPSCAN par contre est un feu d’artifice : de nombreuses zones en surbrillance sont mises en évidence, pouvant traduire la présence de cellules cancéreuses au niveau du médiastin (zone entre les deux poumons), de la zone sous claviculaire, des vertèbres, et de la courbure gastrique. Il est décidé de procéder à une endoscopie qui ne donne rien.

Retour chez moi, où je suis immédiatement prise en charge par une pneumologue de l’hôpital de ma ville. Cette pneumologue est une jeune femme que j’ai ai perçue très compétente, n’hésitant pas à confronter ses conclusions avec les spécialistes des différents CHU. Professionnelle, directe et empathique, elle m’a inspirée une confiance absolue. Et c’est reparti pour une biopsie des ganglions et de la moelle osseuse. La chirurgienne qui m’opère en profite pour poser une chambre implantable (boitier installé sous la peau, sous la clavicule et relié à une grosse veine, qui permet d’administer la chimiothérapie sans abimer les veines).

En attendant les résultats, tout le monde s’accorde pour me diagnostiquer un lymphome qui se soigne très vite, cela me rassure.

Et à la mi-septembre, après plus de six semaines d’attente, le diagnostic tombe : adénocarcinome bronchique métastatique d’emblée au niveau osseux et ganglionnaire cervical bilatéral. Plus crûment, c’est un cancer du poumon avec des métastases, le stade est avancé. Mon mari et moi nous prenons un autobus en pleine tête.

Culpabilité, j’ai fumé, je paye, terrible.

Nous appelons les enfants le soir même, moment difficile mais nécessaire. Par contre nous taisons la partie métastase, la nouvelle est déjà suffisamment terrible.

La pneumologue, au vu de mon mode de vie plutôt sain, et mon passif de faible tabagisme demande néanmoins une biologie moléculaire. Cela retarde le début du traitement mais s’avère être une bonne décision car il s’agit effectivement d’un cancer mutant, avec un gène mutant très rare (exon 15 du gène BRAF). Ce cancer est aussi grave mais et cela est très important : ce n’est pas lié au tabac. Je suis allégée d’un gros poids de culpabilité et je pense que cela change ma vision.

En parallèle nous demandons un deuxième avis à l’institut Gustave Roussy. La pneumologue fait de même et envoie mon dossier à tous les CHU spécialisés dans ce domaine. Tous confirment le traitement de choc : Carboplatine – Alimta – Pembrolizumab, soit 2 chimiothérapies et une immunothérapie sur 4 cures espacées de 3 semaines. Et en Septembre 2025 je démarre ce traitement de choc.

Je rentre dans un tunnel, serai-je encore là à Noël ?

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The story begins a year ago. Summer 2025 was shaping up to be hot, stretching slowly between the South and the Southwest. Theatre, concerts, friends, wonderful encounters, family. At the end of July, the whole family gathered at the foot of Mont Ventoux for a few magical days in a minimalist setting. On the agenda: mountain walks, the municipal pool with my grandson, good meals and games. Our differences were left at the door, and we simply enjoyed one another. The children had organized the rotation for groceries, setting the table, cooking, dishes — I let myself be carried.
Last day, last hike, 600 meters of elevation gain, easy on paper, and yet the path felt so long. Each step was difficult, despite my fierce determination. One step, pause. One step, pause. One step, after that bend, pause. That final climb — hellish. I reached the summit after everyone else. Their worry was visible, so I smiled: everything’s fine.
I made an appointment with a general practitioner in the next village, who told me it was laryngitis. A wrong diagnosis.
The night was terrible: my throat burned, acid reflux, chest pain. I spent the night sitting up, angry at everything. The next day I pretended, but I couldn’t take it anymore. I cried from breathlessness climbing the stairs to my room.
I was worried and booked another appointment, this time with the first available specialist — the next day.
It was the right decision. The cardiologist examined me and very quickly the diagnosis was made: massive bilateral pulmonary embolism. Emergency. Transfer to the university hospital, intensive care unit. I made it through. I lived.
I didn’t yet know what awaited me, though the doctors already did. I had a cancer — the verdict fell. Which one? Six long weeks would pass before the answer.
I spent three weeks in the hospital, morale at rock bottom. I forced myself not to think. My husband came every day. A routine settled in. I underwent many tests: blood, stool, urine, CT scan and CT angiography, mammogram. The PET scan, however, was a fireworks : numerous highlighted areas are visible, which may indicate the presence of cancer cells in the mediastinum (the area between the two lungs), the infraclavicular region, the vertebrae, and the gastric curvature. An endoscopy was ordered — it revealed nothing.
Back home, I was immediately taken in charge by a pulmonologist from the hospital, a very young woman, yet I found her highly competent, straightforward, and empathetic. From the very start, this pulmonologist inspired complete confidence in me. And off we went again: lymph node biopsy and bone marrow biopsy.
The surgeon also took the opportunity to place a port-a-cath.
While waiting for the results, everyone agreed on a likely lymphoma, which is treated quickly — that reassured me.
And in mid-September, after more than six weeks of waiting, the diagnosis fell: metastatic bronchial adenocarcinoma, already spread to the bones and bilateral cervical lymph nodes. More bluntly, it was lung cancer that had already spread, meaning the disease was at an advanced stage. My husband and I felt like we had been hit by a bus.
Guilt — I smoked, I’m paying for it — terrible.
We called the children that same evening, a difficult but necessary moment. But we kept quiet about the metastases; the news was already terrible enough.
Given my rather healthy lifestyle and my history of light smoking, the pulmonologist requested molecular testing. It delayed the start of treatment but turned out to be the right decision: it was indeed a mutant cancer, with a very rare gene mutation (exon 15 of the BRAF gene). This cancer is just as serious, but — and this is very important — it is not related to smoking. A huge weight of guilt lifted, and I think it changed my outlook.
At the same time, we requested a second opinion from the Gustave Roussy Institute. The pulmonologist did the same and sent my file to all the specialized university hospitals. All confirmed the aggressive treatment plan: Carboplatin – Alimta – Pembrolizumab, meaning two chemotherapies and one immunotherapy over four cycles spaced three weeks apart. And in September 2025, I began this intensive treatment.
I entered a tunnel. Would I still be here at Christmas.

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