Mon premier réflexe est de tout garder en moi. Pas vu pas pris, j’en parle pas donc ça reste un concept. En fait j’ai honte d’être malade et j’ai peur du regard des autres, j’ai peur de voir cette pitié destructrice dans leur yeux. J’ai besoin de croire que je reste forte. Alors quand la maladie commence à se lire sur moi, parce que j’ai maigri, j’ai des œdèmes, des cernes, le teint gris, « tu as l’air crevée ! », je reste chez moi. Je me sens laide, je suis laide, je suis fatiguée, j’ai mal, c’est dur. Je deviens plus irascible, mon mari trinque.
Je rencontre une acupunctrice qui s’avère être non seulement formidable, mais également et surtout une magnifique amie et alliée. Je vais la voir après chaque traitement et je sors tous mes sentiments ; la tristesse, la joie, la peur, l’accablement, la colère. Et je reçois sa compréhension, ses conseils, et bien sûr ses soins qui me font un bien fou.
Et puis j’apprends enfin à pleurer, à rire, à crier parfois, à verbaliser ce que je ressens, la détresse qui parfois m’envahit. Là encore, j’ai une chance inouïe car mon mari est là et m’écoute.
Mes enfants jouent également une place énorme. Les savoir heureux me donne une énergie vitale. Et mon petit fils transforme cette énergie en joie, en émotion et en amour.
Il me semble que mon regard sur les autres a un peu changé. La maladie fait peur à beaucoup, unetelle qui change de trottoir, untel qui n’ose plus me parler, ou ne me regarde plus dans les yeux. Au début je suis dans le jugement et mes propos deviennent acerbes, et puis je me mets à leur place, j’accepte.
Je pense que je n’ai pas peur de mourir, je peux donc avancer vers l’inconnu. J’ai l’impression de m’ouvrir de nouveaux horizons, la spiritualité occupe une place grandissante. Je ressens le besoin de « prier », enfin je parle à mes chers disparus.
Suis-je heureuse ? Si je me pose la question, et que je dois réfléchir avant de répondre, c’est probablement parce que je suis heureuse. Ce qui est certain : je ne suis pas malheureuse. Ce que je fais me plaît, j’aime les personnes qui font partie de ma vie, enfin j’apprécie la vie dans le Sud-Ouest. Alors oui je suis heureuse. Entourée d’amour, je pense que j’en reçois plus que je n’en donne.
Par contre j’ai besoin de mon énergie pour m’en sortir, et cette énergie je ne veux plus la perdre avec des combats inutiles, ou perdus d’avance. Oui je suis sûrement devenue plus égoïste, ou moins altruiste, j’ai appris cela.
Mon premier réflexe est de tout garder en moi. Pas vu pas pris, j’en parle pas donc ça reste un concept. En fait j’ai honte d’être malade et j’ai peur du regard des autres, j’ai peur de voir cette pitié destructrice dans leur yeux. J’ai besoin de croire que je reste forte. Alors quand la maladie commence à se lire sur moi, parce que j’ai maigri, j’ai des œdèmes, des cernes, le teint gris, « tu as l’air crevée ! », je reste chez moi. Je me sens laide, je suis laide, je suis fatiguée, j’ai mal, c’est dur. Je deviens plus irascible, mon mari trinque.
Je rencontre une acupunctrice qui s’avère être non seulement formidable, mais également et surtout une magnifique amie et alliée. Je vais la voir après chaque traitement et je sors tous mes sentiments ; la tristesse, la joie, la peur, l’accablement, la colère. Et je reçois sa compréhension, ses conseils, et bien sûr ses soins qui me font un bien fou.
Et puis j’apprends enfin à pleurer, à rire, à crier parfois, à verbaliser ce que je ressens, la détresse qui parfois m’envahit. Là encore, j’ai une chance inouïe car mon mari est là et m’écoute.
Mes enfants jouent également une place énorme. Les savoir heureux me donne une énergie vitale. Et mon petit fils transforme cette énergie en joie, en émotion et en amour.
Il me semble que mon regard sur les autres a un peu changé. La maladie fait peur à beaucoup, unetelle qui change de trottoir, untel qui n’ose plus me parler, ou ne me regarde plus dans les yeux. Au début je suis dans le jugement et mes propos deviennent acerbes, et puis je me mets à leur place, j’accepte.
Je pense que je n’ai pas peur de mourir, je peux donc avancer vers l’inconnu. J’ai l’impression de m’ouvrir de nouveaux horizons, la spiritualité occupe une place grandissante. Je ressens le besoin de « prier », enfin je parle à mes chers disparus.
Suis-je heureuse ? Si je me pose la question, et que je dois réfléchir avant de répondre, c’est probablement parce que je suis heureuse. Ce qui est certain : je ne suis pas malheureuse. Ce que je fais me plaît, j’aime les personnes qui font partie de ma vie, enfin j’apprécie la vie dans le Sud-Ouest. Alors oui je suis heureuse. Entourée d’amour, je pense que j’en reçois plus que je n’en donne.
Par contre j’ai besoin de mon énergie pour m’en sortir, et cette énergie je ne veux plus la perdre avec des combats inutiles, ou perdus d’avance. Oui je suis sûrement devenue plus égoïste, ou moins altruiste, j’ai appris cela.